Du 23 au 26 Octobre 2012 s’est tenu à Brest, le 11ème Congrès International Francophone en Entrepreneuriat et PME (CIFEPME 2012), organisé par l’Association Internationale de Recherche en Entrepreneuriat et PME (AIREPME) en partenariat avec entre autres l’ESC Brest Bretagne et la CCI de Brest. Les actes de ce congrès à la thématique saisissante, « Grandeur et servitudes de la recherche en Entrepreneuriat », sont désormais en ligne.
Au menu donc de ces actes (très !) conséquents, des sujets prometteurs: vision stratégique, influence, réseau, femmes Gourou des marchés (!)… de quoi faire le bonheur de Christian Marcon et ses amis chercheurs en IE (vœux pour 2013: qu’ils connaissent d’avantage la grandeur que les servitudes), mais aussi donner de sacrés maux de têtes aux fans de la vulgarisation de la recherche en intelligence économique. Peu importe, hybridons ! Ainsi, concernant l’IE et les CCI, deux publications sont à retenir:
« La création d’entreprises innovantes et l’intelligence économique comme élément de performance de l’incubateur Produit en Bretagne, à l’ESC de Brest Bretagne » de David Merieau de l’ESC Bretagne Brest.
Celui-ci a fait le constat que l’incubateur Produit en Bretagne, qui « permet aux porteurs de projets de s’appuyer sur le réseau de plus de 300 entreprises membres de Produit en Bretagne, des enseignants-chercheurs de l’ESC Bretagne Brest et sur l’ensemble des spécialistes de la création/reprise d’entreprises du réseau régional des CCI, avec notamment l’implication de la CCI de Brest », semble fonctionner comme un outil d’Intelligence et apparaît donc comme un levier de développement stratégique pour tout entrepreneur. Ainsi:
Il est intéressant de noter que les porteurs d’idées parlent « d’intelligence », sans oser évoquer la notion d’Intelligence Economique, même si la description que tous en font relève bien de l’Intelligence Économique. En effet, les chefs d’entreprises avouent que la recherche d’informations et de connaissances est une des raisons pour laquelle ils ont souhaité intégrer l’incubateur.
Ils soulignent ainsi le caractère même d’intelligence de l’incubateur, comme outil centralisant et/ou coordonnant les informations et les connaissances, de par l’enseignement notamment, ou les réunions entre incubés, par l’accompagnement du responsable de l’incubateur et par les experts de la CCI de Brest, ainsi que grâce à l’attribution d’un accompagnant chef d’entreprise, dont l’entreprise est membre de Produit en Bretagne. Leur démarche encadrée par un incubateur est véritablement celle d’une démarche d’Intelligence Économique.
Autre publication intéressante, sur l’intelligence collective cette fois : « Démarche de projet collaboratif et émergence d’une intelligence collective entrepreneuriale : une étude au sein d’un club de dirigeants de TPE » de Sandrine Berger-Douce (École des Mines de Saint-Étienne, Institut Henri Fayol / EPICE) et Christophe Lafaye (IAE Valenciennes, IDP). Il s’agit ici de « questionner le déploiement de pratiques d’intelligence collective entre TPE au sein de cette association d’entrepreneurs » du numérique du Nord de la France, mise en place par une « CCI locale », et impliquant « François », son conseiller CCI en économie numérique.
On respectera la volonté des auteurs de ne pas citer les noms des protagonistes et structures de ce drame, puisqu’ ils proposent « une lecture de l’échec d’un projet collaboratif entre TPE par le prisme d’un déficit d’intelligence collective entrepreneuriale. » Une échec story traitée façon « confessions intimes », voilà de la recherche comme on l’aime ! Difficile d’extraire des citations sans dénaturer cette remarquable publication à lire dans son intégralité. Quelques-unes quand même :
Comme l’explique Thierry : « Moi je ne pensais vraiment pas que cela allait être aussi dur de mettre en place un projet collaboratif. Je pensais que le seul écueil à éviter était de bien définir les rôles de chacun pour ne pas que l’on se marche les uns sur les autres. En fin de compte, il faut surtout et avant tout définir les attentes de chacun ! ».
La motivation en dents de scie des participants au projet est également soulignée par les protagonistes eux-mêmes qui expriment des doutes sur l’implication sincère de certains acteurs (Michel : « Mais dès les premières réunions Thierry avait dit : « Cela ne m’intéresse plus, mais je vais aux réunions pour voir ». À mon avis, c’est la première étape de l’échec. Je pense que Thierry ne croyait pas au projet. Il disait qu’il n’avait pas sa place dans ce projet »).
(…)
Ce manque de respect mutuel entre les deux acteurs clés principaux a précipité la mort du projet AD en raison non seulement de la légitime perte de confiance des deux dirigeants concernés, mais également de la chute de motivation des autres parties prenantes (Michel : « Et en plus il a spolié, on peut dire spolié, le marché, l’idée, les relations de ce qu’apportait Virginie. Il n’a pas fait vraiment un travail collaboratif. Il a un peu phagocyté. Virginie s’est sentie très, très mal… »), y compris le consultant et le conseiller de la CCI (« Il ne se rend pas compte que heureux comme il est actuellement, il oublie qu’il y a aussi les autres. À ce moment-là, il manque de sens de partage, d’humilité. ») assez choqués par l’attitude de Pierre.
(…)
« L’intelligence collective, c’est deux choses : (1) la richesse : s’enrichir, enrichir le projet ; et (2) il faut du lien, un sens commun, sinon même si l’on a une idée géniale, cela ne sert à rien. » (Michel).
Qu’il s’agisse d’intelligences économique ou collective, on laissera le mot de la fin de ce billet à Bernard : « L’enseignement principal de ce projet, c’est qu’il faut se connaître avant tout, boire un coup ensemble, parler plus de nos modes de fonctionnement… ». Tout est dit.
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