
La Lettre M, journal économique de la région Languedoc-Roussillon, publie un hors-série spécial réforme des institutions. La 2è partie de ce 28 pages est consacrée aux CCI. L’occasion pour nous de se pencher sur la réforme des CCI avec l’angle de cette région.
Il y a les présidents contre la réforme…
Identité
D’abord, 7 des 9 CCI de la région y sont opposé). Les « petites » chambres ont notamment peur de perdre leur identité. Ainsi : Daniel Galy, président de la CCI de Béziers : « Les chambres locales doivent garder leur autonomie. Si tout est soumis à l’approbation de l’échelon régional, nous perdrons notre capacité à faire avancer nos projets », ou Francis Cabanat (nom connu des lecteurs de Vedocci) : « Pourquoi voulez-vous que les gens de Montpellier soient intéressés par l’aéropole de Deaux ou par le développement des crédits Fisac pour le commerce en centre-ville d’Alès ? » Rudy Iovino, président de la CCI de Montpellier renchérit : « Nous devons conserver l’expertise de terrain des CCI locales, notamment pour les services aux entreprises. Les chambres territoriales ont un savoir-faire qu’il ne faut pas perdre. » Bernard Fourcade, président de la CCI de Perpignan, s’interroge : « Mais à quoi sert le statut d’établissement public sans l’autonomie financière ? ». Il ajoute : « À mon avis, une CCI par département suffirait. Mais la réforme montre des impasses préoccupantes. Les CCI territoriales vont devenir des succursales des CCI régionales, qui vont tout décider. Ce sera difficile d’être présent sur le terrain, chez soi, et d’aller constamment défendre ses dossiers à la chambre régionale. »
Argent
Autre sujet d’inquiétude : le financement futur des CCI : le président de la CCI de Narbonne, Bernard Ballester, redoute (il est rejoint par le président de la CRCI, Serge Clausse) :
« En 2011, nous aurons un impôt dynamique porteur de développement économique ou une budgétisation, qui mettrait les chambres sous la coupe de l’Etat, anéantissant toute innovation dans nos institutions »
Mais il faut attendre que le texte de la réforme des CCI passe au Parlement afin d’être fixé sur ce point.
« Nous sommes les victimes collatérales d’une guerre entre Paris et Paris »
Lors d’un entretien, Francis Cabanat (Alès), porte-parole du Conseil des présidents, opposé à la réforme, répète ses arguments :
- « À mon avis il y a beaucoup d’affaire d’ego là-dedans. C’est une guerre pariso-parisienne, entre la CCI de Paris, Bernardin et la CCI de Versailles. Il veulent se tuer depuis quinze ou vingt ans. Nous sommes les victimes collatérales d’une guerre entre Paris et Paris, voilà. »
- « la gestion du personnel, il faut qu’elle nous appartienne : on ne va pas faire piloter les gens d’Alès ou de Rennes par une CRCI. C’est une absurdité. Les directeurs de chambres locales doivent garder la tutelle de management sur leurs propres employés. Si les gens disent « de toute façon, notre patron est à Montpellier », quelle est son autorité ? »
- « il y a [...] une réunion le 28 novembre avec tous les députés, à Paris »
- « aujourd’hui, il y a 150 députés qui nous soutiennent par écrit«
… et ceux qui sont pour
Cependant, tous les Présidents ne sont pas de cet avis. A Nîmes, Denis Volpilière, argumente :
- « Chacun viendra défendre les actions de son territoire à Montpellier, comme ça se passe aujourd’hui dans les chambres. Chez moi, je ne redistribue pas le budget aux territoires de Bagnols ou du Vigan. Les élus viennent défendre les actions. Et si elles sont intéressantes, on les soutient »
- « Les [salariés] seront mieux dans un réseau plus large. Ils auront plus de possibilité de promotion, ou de rapprochement familial »
- « Aujourd’hui, quand la Région demande aux CCI de relayer une de ses actions, elle a des réponses totalement différentes d’une chambre à l’autre »
- « L’État ne se sert plus des CCI, il se sert des collectivités territoriales. Il faut qu’on revoit notre organisation en fonction de cette évolution. »
- Les « petites » CCI ne doivent pas craindre que la CCIR rejette systématiquement leurs projets car « les petites chambres seront surreprésentées [et] il n’y aura pas de chambre majoritaire. »
- « Aujourd’hui, les entreprises et les collectivités sont de plus en plus exigeantes. Si on ne bâtit pas la bonne réponse, elles le feront elles-mêmes. »
Côté formation, la mutualisation des moyens à l’échelon régional pourrait être bénéfique. Vice-président du Medef héraultais, Joseph Francis trouve « inconcevable et inacceptable que Sup de Co à Montpellier ne soit pas une école régionale. Elle a besoin d’un budget de développement conséquent, de 30 à 40 M€. Or, la CCI de Montpellier ne peut pas, seule, l’assumer. »
Le point sur les fusions dans la région
La CCI de l’Aude…
ne verra pas le jour. Les CCI de Narbonne et de Carcassonne devaient fusionner pour former une CCI départementale (avec 12 000 ressortissants, un budget de 24 millions d’euro pour 187 salariés). Mais, en décembre 2008, la CCI de Narbonne (6500 ressortissants) a décidé de stopper le processus.
La CCI de l’Hérault…
n’est pas à l’ordre du jour (elle l’a pourtant été). Si la CCI de Sète a été dissoute, ce n’est pas pour fusionner avec celle de Montpellier.
A lire en intégralité : La Lettre M Spécial réforme des institutions, novembre 2009 [[ PDF ]]



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