Président de la CCIP et de la CRCI Paris Ile-de-France, Pierre Simon a démissionné, ce mardi 16 juin, de ses fonctions de vice-président de l’Assemblée des Chambres Françaises de Commerce et d’Industrie (ACFCI). Pierre Simon a pris cette décision lors de l’assemblée générale de l’ACFCI qui avait à son ordre du jour l’approbation des comptes 2008. Il reste toutefois membre de droit du bureau et du comité directeur de l’ACFCI.
Dans un communiqué, Pierre Simon a expliqué qu’ainsi il protestait contre « l’augmentation excessive et inappropriée des dépenses de l’ACFCI et sa situation financière dégradée » (son résultat a été déficitaire à hauteur de 5,2 millions d’euros, les fonds propres sont négatifs de 4,5 millions d’euros et l’endettement dépasse 96 millions d’euros).
Il argumente :
« Face à ce constat, le budget 2009 prévoit, à ce stade, une progression de 19% des contributions du réseau, alors que les entreprises traversent une période de crise et que les recettes fiscales des chambres vont aller en diminuant«
Cette démission amène Pierre-Henri de Menthon à s’interroger dans Challenges sur « L’ubuesque guerre des chambres de commerce« . Il avance différents éléments :
- « Rares sont en effet les entrepreneurs français qui se reconnaitront dans l’ACFCI, censé pourtant les représenter. Peuplé de « permanents » et faute de contact avec les vrais entrepreneurs l’organe supérieur des chambres de commerce s’est tout à fait coupé des réalités. »
- « Le départ de Simon est plus lié à une lutte de pouvoir, de défense de pré carré, qu’aux dérapages financiers qu’il évoque dans son communiqué vengeur » : le départ de Pierre Simon s’inscrirait ainsi dans le mouvement de contestation de la réforme du réseau des CCI : « la nouvelle carte limitera à Paris stricto-sensu les pouvoirs de Pierre Simon dont le territoire déborde, grâce à des délégations, sur la petite couronne »
Plusieurs approximations sont regrettables :
- D’abord, ACFCI ne veut pas dire « Assemblée générale des chambres de commerce et d’industrie » mais « Assemblée des Chambres Françaises de Commerce et d’Industrie« .
- « La métropole capitale alliée aux bourgs » : c’est faux : Pierre Simon a voté contre la réforme des CCI, au même titre qu’un certain nombre de « petites » CCI, mais les motivations sont différentes.
- A demi-mots, on peut comprendre que le texte voté à l’ACFCI au printemps est le même que le texte qui sera présenté fin juin au Conseil des Ministres : ça reste à prouver !
- Les CCI « perçoivent l’impôt (taxe professionnelle, taxe d’apprentissage, taxes de ports, d’aéroports…) » : mettre tous ces impôts sur le même plan ne rime à rien (les CCI reçoivent la Taxe additionnelle à la taxe professionnelle de toutes les entreprises ; par délégation, elles collectent la taxe d’apprentissage, mais ne peuvent la recevoir qu’à partir du moment où elles ont des structures de formation habilitées ; les autres taxes citées correspondent elles aussi à certains équipements). Par ailleurs, les impôts sont loin d’être la seule source de financement du réseau consulaire.
- « Un patchwork ubuesque qui remonte à la nuit des temps qui divise l’Hexagone en… 169 territoires » : il y a moins de 150 CCI à l’heure actuelle (on approche du nombre de 169 si on prend en compte le nombre de CRCI, mais dans ce cas, on ne parle pas de patchwork mais d’un réseau structuré). Et puis, fin XIXè, toutes les chambres n’étaient pas encore créées, et elles se sont très vite structurées en Régions économiques.
- L’ACFCI est « peuplé[e] de « permanents » : les CCI et CRCI aussi !
Sources
- Le président de la CCIP démissionne de l’ACFCI, Challenges, 16 juin 2009
- « L’ubuesque guerre des chambres de commerce », Challenges, 16 juin 2009
Merci à Frédéric


« Selon [Jean-François Bernardin], les pertes de l’ACFCI s’expliquent par l’achat d’un nouveau siège social et non par des dépenses excessives »
Source : Différends entre présidents de chambre de commerce et d’industrie, La Tribune, 19 juin 2009.
La sempiternelle guerre des Chambres
Commerce International, juillet-août 2009
http://www.actu-cci.com/article/2861/
le vote du budget exécuté a obtenu 113 voix pour, 20 contre et 12 abstentions