Tout sur ma veille
Je rappelle que ce billet (le 3ème sur ce sujet pour ma part) porte sur les pratiques de veille dans le cadre de mon blog (et donc pas dans un autre cadre). Le premier billet était consacré à la phase « veille » et le 2ème à la phase « diffusion/partage/communication » ; on pourrait les résumer à l’aide de ce graphique :
Ce billet présente un certain nombre de points que je voudrais aborder, qui sont des questions que je me suis posées (et pour lesquelles j’ai au moins des éléments – parfois provisoires – de réponse) ou des conseils que je peux donner, basés sur mon expérience, bref, empiriquement. Des points qui ne présentent toutefois pas toutes les problématiques de la veille et du blogging (et c’est là où le titre de ce billet est une arnaque
). Peu de liens dans ce billet, les 2 précédents les fournissaient déjà.
L’empirique contre-attaque
Pourquoi je veille ? Parce que je blogue ! Pourquoi je blogue ? Initialement, j’ai ouvert mon blog (qui s’appelait dans ses premières semaines en toute modestie « Mael Le Hir ») alors que je venais de terminer mes études, et que je cherchais un emploi. Premier but : ne pas décrocher, et le prouver ; il était alors orienté « Veille et documentation » (jusqu’à ce que j’intègre la réseau consulaire et que je redéfinisse sa ligne éditoriale). Deuxième but (car ça fait un bout de temps que je travaille) : continuer à suivre l’actu et partager ; curiosité, quand tu nous piques…
On commence avec une idée, on la fait évoluer en fonction de ses propres centres d’intérêt et de l’environnement. Je pense particulièrement à l’environnement technologique et à l’évolution extraordinaire d’Internet et du web ces dernières années. Tenir un blog personnel, c’est aussi savoir le faire évoluer… comme toute veille, où les résultats influent sur les futurs axes de recherche !
Into the web
Justement, une fois ses axes de recherche définis, comment trouver des sites web à surveiller ?
L’une des manières de réaliser une veille est de mettre sous surveillance un certain nombre de sites web. Une fois ceux-ci trouvés, différentes techniques existent pour réaliser ce « monitoring » : ou un flux RSS est disponible (et il est à ajouter dans son agrégateur) ; ou il est possible de s’abonner à une newsletter ; ou l’extension Firefox Update Scanner permet de faire ce travail. Mais j’en ai déjà parlé.
The Navigator
Mais comment, au préalable trouver ces sites tant susceptibles de nous intéresser ?
Les moteurs de recherche (au pluriel, hein !) et annuaires (espèce en voie de disparition mais pas encore éteinte, encore intéressante dans certains domaines spécialisés) permettent, à partir d’une requête élaborée (ne veut pas dire « compliqué », mais juste qu’on a réfléchit aux termes utilisés), d’identifier une partie des sites. Pour chacun de ces sites, une navigation permet de repérer les liens sortants (donc de nouveaux sites) ; c’est particulièrement efficace dans la blogalaxie où les blogs proposent fréquemment une blogoliste (ou blogroll).
Pour les sites web repérés, identifier leurs auteurs permet de les rechercher sur les réseaux sociaux, particulièrement sur Twitter et sur les outils de social-bookmarking comme Delicious ou Diigo : Twitter, je l’ai déjà dit, est un outil sur lequel s’échangent énormément de liens, quant aux outils de social-bookmarking, c’est un peu leur vocation !
Pour Twitter, se créer un compte permet de suivre les mises à jour des personnes que l’on suit (« following_me ») ; Delicious propose un flux RSS pour chaque compte. Là encore, de fil en aiguille, à partir de quelques personnes, il est possible de se constituer un réseau : en regardant les followings et les followers sur Twitter (et les personnes recommandées notamment le vendredi ; et les personnes dont les messages sont retweetés) ; sur Delicious, il est possible de consulter le « network » des personnes qu’on aura au préalable identifiées. C’est applicable, de manière plus ou moins similaire, sur quantité de sites (Univers Netvibes, SlideShare, etc.), en fait dès qu’il y a une couche « sociale ».
Bref, il faut naviguer.
La revanche des sites
Mais ne faudrait-il pas mieux s’attacher aux personnes en tant que sources, au détriment d’une sélection (certes évolutive) de sites web ?
C’est une question que je me suis posée surtout lorsque j’ai commencé à utiliser Twitter, mais que j’avais déjà eu lorsque je m’étais mis sérieusement à Delicious. En effet, Twitter (j’insiste !) est service sur lequel s’échange multitude de liens, et les Delicious et autres Diigo permettent de savoir ce que bookmarkent les membres de son réseau. Alors, finalement, pourquoi se fatiguer à faire de la veille sur une multitude sites web ? Ne pourrait-on pas s’en passer, et profiter du travail de sélection des autres ? ou, en étant un peu plus provocateur (quoique…) : peut-on se passer des flux RSS ?
- Peut-on se contenter de profiter du travail des autres ? Non. Par principe (voire par éthique) : l’un des synonymes proposé pour « web 2.0″ est web collaboratif, donc il faut participer (et donc réaliser sa propre veille) ! Aussi parce que l’ensemble des personnes que vous suivez ne correspondent à l’ensemble de vos problématiques de veille.
- Peut-on se passer de flux RSS ? Non. Posons que Twitter devient la pierre angulaire d’une veille (on utilise alors une appli type TweetDeck ou Twhirl) ; et bien c’est insuffisant : je pense qu’un certain nombre de sites sont incontournables (à chacun les siens en fonction de ses centres d’intérêt) et le moyen le plus efficace reste les flux RSS. Et, si je ne surveille pas les blogs, il me faut au moins regarder ce que les autres bookmarkent ; comment faire : flux RSS (ah bah non, pas le droit), par mail (possibilité offerte par Diigo) ou à l’ancienne (ie en se rendant une à une sur les différentes plateforme – l’optimisation n’est pas à son summum) ; etc. ; bref…
RSS 171
Comment organiser ses flux RSS ? (environ au nombre de 171 dans mon agrégateur, nombre fluctuant)
- ORGANISATION
- Choisissez l’agrégateur qui vous va
- Classez vos flux dans des dossiers (et sous-dossiers)
- Numérotez ces dossiers (et éventuellement les flux)
- SELECTION
- Créez un « bac à sable » avant de valider un nouveau flux
- Si vous lisez plusieurs flux très (trop) similaires, ne conservez que le (ou les) plus pertinents ou mis à jour
- Limitez le nombre de flux, n’hésitez pas à en supprimer
- Identifiez les experts des domaines qui vous intéressent et abonnez-vous à leurs bookmarks
- LECTURE
- Fixez-vous des horaires
- Lisez rapidement les billets qui arrivent dans votre agrégateur, et approfondissez la lecture des plus pertinents
- Marquez les billets que vous jugez les plus intéressants
Write After Reading
Comment s’organiser pour ne pas perdre trop de temps ? Si la réponse ne devait tenir que dans un seul mot, ce serait : organisation. Organisation à tous niveaux : du temps, des flux d’informations…
Idéalement, ma journée-type (vous savez, celle qui ne se réalise jamais) serait la suivante :
- à la mi-journée (je rappelle que cette veille ne s’inscrit pas dans le cadre de mon travail) : lecture des mails, consultation de TweetDeck, lecture des flux RSS pour repérage des articles/billets les plus intéressants (+, en fonction du temps : lecture d’une partie de ces articles/billets, découverte des services décrits, recherche d’autres articles sur le même sujet notamment sur un thème polémique, novateur ou qui mérite d’être approfondi), navigation sur le web, échange de liens (Twitter, Diigo/Delicious) éventuellement rédaction (ou début de) d’un billet
- le soir : exactement la même chose, sauf qu’idéalement, l’agrégateur doit être vierge de billets non lus (et là, honnêtement, c’est pas gagné), éventuellement rédaction d’un billet (je ne blogue pas tous les jours, donc c’est loin d’être obligatoire).
Pour les flux RSS, qui constituent encore le socle de ma veille :
Après une lecture rapide des titres par flux (considérant que si j’ai retenu un flux, il mérite que je lise a minima les titres – et c’est humainement possible), puis je lis l’intégralité du billet quand l’information m’intéresse. Si je considère que l’article mérite de faire l’objet d’un billet, je le laisse en « non lu » ; si l’information mérite d’être conservée, je le bookmarke dans Diigo (avec la possibilité de l’envoyer vers Twitter) ; si elle mérite d’être « simplement » partagée, je twitte.
Les vacances de Monsieur Blogueur
Que faire quand on est absent longtemps ?
En cas d’absence totale d’1 semaine (ou plus) par exemple : je relève mes mails, je lance mon agrégateur (qui se met à jour des derniers billets par flux, pour certaines sources, on n’a qu’1 ou 2 jours de billets, tandis que pour d’autre, on n’a qu’1 ou 2 billets) et me dirige vers mes flux « favoris » qu’empiriquement je connais (ce sont eux que je lis en premier, sachant qu’il me faut grosso modo une semaine pour rattraper une semaine d’absence [sauf si c'est une période "creuse" comme autour du 15 août ou entre Noël et le jour de l'an]), et je m’en contente : je considère que si un truc formidable était apparu, il ne tarderait pas à ressortir d’une manière ou d’une autre, bref, que toute info réellement capitale (et pas simplement intéressante) ne peut échapper), je snobbe Twitter (je ne vais pas lire 8 jours de discussion…).
Une précision : concernant les sites de surveillance de news (Google et Wikio notamment), j’ai mis mes oeufs dans 2 paniers : pour Google News, je continue de recevoir des mails quotidiens (ce qui me permet en cas d’absence de recommencer à suivre l’actu exactement là où je l’avais laissée) tandis que je suis abonné aux flux RSS de certaines requêtes sur Wikio, ce qui me permet au quotidien de mieux « coller » à l’actu.
L’empirique contre-attaque
Bref, ce (veiller, bloguer, partager, échanger) n’est pas réellement difficile. Reconnaissons que cela prend du temps, mais qu’énormément d’outils existent pour accompagner dans le processus. Pour commencer, il faut voir « petit », tisser petit à petit son propre réseau (de blogs, de sites, de contacts), découvrir les nouveaux services qui apparaissent. Et accroître son expérience.
Vos commentaires sont les bienvenus…




Une veille bien structurée, félicitation !
Tèrs intéressant billet. De bonnes idées à prendre.
Perso, j’essaie depuis quelques temps de limiter mes abonnements RSS. J’utilise beaucoup Twitter pour la veille, je trouve que c’est un excellent outil pour cela. Les deux sont en fait complémentaires et permettent de ne pas laisser passer une info importante.