Le point :
- Le rapport dit « Rapport Attali » (Rapport de la Commission pour la libération de la croissance française) préconise, parmi ses mesures, la réduction du nombre de CCI de 175 à 50, et la fusion entre CCI et Chambres de Métiers.
- Selon le Journal du Dimanche (6 avril 2008), la Révision générale des politiques publiques pourrait se traduire par des coupes dans les budgets de Chambres de Commerce et d’Industrie. Les versements de l’Etat pourraient être conditionnés aux résultats des CCI.
- Afin de répondre au mieux aux nouveaux enjeux et nouveaux contextes de la société actuelle, les CCI se sont engagées, depuis mai et jusqu’en octobre 2008, dans une réflexion territoriale et multisectorielle à travers toute la France : ce sont les Etats généraux des CCI.
J’ai déjà listé au début du mois une première série de réactions. En voici d’autres :
- « Compte tenu de la culture française, les [CCI] ont vocation à disparaître. Actuellement on est dans une distribution des rôles complexes. On est dans un mille-feuilles où tout le monde veut faire de l’économie : les communautés de communes, les contrats de pays, les départements, les régions, les sous-préfectures, les préfecture de région, les consulaires » (César Gallo, Président de la CCI Nord-Ardèche jusqu’en juin 2008, L’Hebdo de l’Ardèche, 18 avril 2008.)
- « Dans son rapport, Jacques Attali propose de réduire à 50 le nombre des CCI, contre 160 aujourd’hui, et bientôt 120. Je comprends tout à fait qu’il faut que les CCI évoluent mais il est important de ne pas détruire la relation de proximité. Les élus sont aussi très attachés à cette notion. Ils ont besoin d’avoir des relais d’action économique. Un rôle joué par les CCI notamment. En Essonne, nous avons réalisé des économies d’échelle en regroupant dans les mêmes locaux les différents acteurs économiques locaux : Oséo, INPI, Coface, et bientôt la chambre des métiers et de l’artisanat, pour créer une maison de l’économie. Dans le cadre de la révision générale des politiques publiques, je participe à un groupe de travail qui fera des propositions dans ce sens d’ici la fin du mois de juin 2008. » (Gérard Huot, président de la CCI Essonne à Locatis.info le 2 juin 2008)
- Changeons de point de vue, et passons côté Chambres de Métiers et d’Artisanat (CMA) : Laurent Serre (Président de la CMA Drôme-Romans) rappelle, d’une manière générale, que « la présence des compagnies consulaires en tant que corps intermédiaire est nécessaire » ; il ajoute que seules les CMA sont à même de prendre en compte les spécificités des entreprises artisanales. Si une fusion avec les CCI est rejetée, une structure départementale (réunissant celles de Romans et de Montélimar) a les faveurs de Laurent Serre. « Quant à l’idée de créer une CMA compétente pour toutes les entreprises de moins de 20 salariés, sans critère de métiers et sans considération de forme juridique, il s’agit là pour le président de la CMA de la Drôme-Romans ‘d’une fausse bonne idée, susceptible qui plus est d’ouvrir un conflit inutile et stérile avec les CCI‘ » (dixit Frédéric Rolland, auteur de l’article dont je m’inspire).
Source : Frédéric Rolland, Quel avenir pour la chambre de métiers ?, L’Echo-Le Valentinois, 31 mai 2008.
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