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Est-ce qu’on a des gueules d’ETP ?
Par LibéLutte, mercredi 23 novembre 2005
Le service de la documentation subit un traitement de faveur de la part de la direction puisqu’il est le plus durement touché � la rédaction.
La direction annonce la suppression de 10% des effectifs. A la rédaction non-écrivante, 10 postes sont supprimés, dont 5 pour le seul service Documentation : soit 50 %! Ce nombre de 5 recouvre des « Equivalents Temps Plein » (quel joli mot), mais concerne en réalité 6 personnes : deux documentalistes sont à mi-temps sur des postes différents.
LA REDUCTION DES EFFECTIFS, PRECONISEE PAR LA DIRECTION, AU SERVICE DOCUMENTATION, EST DONC DE 6 PERSONNES, SOIT 37% DE L’EQUIPE ACTUELLE.
Qu’est-ce qui nous vaut ce traitement de faveur ?
D’où vient ”l’expertise“, bien réductrice, du travail assuré aujourd’hui par les documentalistes, telle qu’elle est décrite dans le projet de la direction ? Elle se réfère à une vision de la documentation comme on la pratiquait dans les années soixante-dix. Depuis l’arrivée des nouvelles technologies de l’information, ce métier a considérablement évolué. Si, par exemple, les journalistes sont en mesure de faire des recherches eux-mêmes sur notre base de données interne, c’est parce que les informations qu’elle contient ont été analysées, structurées, indexées par les documentalistes.
Des projets il y en a. A la Doc aussi.
Pour l’ensemble de la rédaction, la direction parle de ”rationalisation“, ”d’organisation plus efficace“, sans anticiper ce que sera cette réorganisation. Pas pour la Documentation. Là encore, les pistes suggérées relèvent d’une vision passéiste des ”missions documentaires“.
Nous en avons une autre. Dès octobre 2004 nous avons communiqué � la DRH une proposition de mise à disposition, dans le cadre du projet Intranet, de ressources documentaires (enrichissement autour d’un sujet, répertoire de sites Internet, repères…) accessibles à l’ensemble des services du journal.
A moins, on fait moins.
Avec un service Documentation partiellement décimé, on doit s’attendre � une exécution en règle de ce qui fait la force de ce service : la structuration, la hiérarchisation, et la mise à disposition de l’information. Une doc à deux têtes par ”grand service rédactionnel“ c’est moins de dossiers thématiques, moins de diversité dans les sources, moins de garantie sur l’exactitude des infos, moins de réactivité, moins de veille et moins de disponibilité.
Alors… L’article scientifique sur les cellules souches embryonnaires ? Remisé aux oubliettes. Toutes les déclarations de Sarkozy sur les banlieues ? Dans trois jours peut-être… Le dossier sur le travail temporaire ? A gauche, rayon en bas sous la pile de rapports de l’OMC…
La documentation de presse est le juste équilibre entre, en amont, le traitement de l’information le plus large possible et, en aval, l’offre documentaire la plus pertinente. Il existe un seuil critique au-del� duquel elle perd de sa valeur et se détruit. La réduction aveugle des effectifs de la Doc va à l’encontre de tous les projets de développement du journal, qui doivent au contraire solliciter toutes les énergies.


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